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Invitation à une ballade…

août 15, 2009

forêt nouvelleToutes en nuances bigarrées cette forêt et soudain la fantaisie d’une feuille, tache minuscule jaune vif, qui se laisse choir. Des troncs fuselés au graphisme aigu, arborent des couleurs pleines et douces, arrondis d’une ombre de velours. Arbres oblongues aux fûts comme de longues tiges qui, à leur faîte sont ornés de feuilles légères et diaphanes jouant sur les transparences. Leurs superpositions harmonieuses font de l’azur blanchâtre, un tapis de taches, pictural et délicat…

       L’air s’emplit des odeurs rousses de graciles fougères délicatement suspendues. Elles ondulent, caressées par le vent et comme les dentelles de ces frêles danseuses, esquissent un lent et majestueux mouvement d’ensemble. Aux pas feutrés d’une promenade solitaire, lui parvient un murmure sourd, semblable à l’écoulement d’une fontaine, bruit commun aux vastes étendues et identique à celui perçu au fond d’un coquillage. C’est comme s’il régnait en ces lieux immenses une communauté de sons perpétuels soumis pourtant à l’éphémère qui ici régit tout.

   Perce, le reflet aigu et scintillant d’une flaque à la blancheur irréelle, le roux d’une toison de feuilles sagement posées, attire les prunelles. De contrastes en contrastes saisissants, le temps perd prise. Il se dilue en ces instants de beauté pure d’une vérité absolue, entière, accaparante et poussant à l’abandon l’être. Il fusionne avec l’instant présent, la nature, vibrant à l’unisson de celle-ci. Tout n’est plus que palpitations.

La ballade se poursuit en un agencement sage de fines branches qui surplombent et rythment le sentier.

   Les chemins forestiers paraissant comme apprêtés, achalandent de leurs verts feuillages les promeneurs devenus rares.

Lumières et ombres alternées se prolongent et séquencent la marche.

   Des pins aux extrémités crochues pendent et semblent se lamenter du vide et du regard quelque peu craintif du passant. Ce dernier reflète leurs fantasques visions humaines, ces pensées exaltées trouvant là un exutoire à une paranoïa de survoltés à regarder, digérer de trop près, trop souvent les images télévisées… Et puis ressurgit cette peur ancestrale, originelle…

  Tactiles, les semelles bruissent à l’unisson d’un sol spongieux… Au loin aboient des chiens stigmatisant les présences intruses… Les jappements fusent…

Ploc des pas ! Pluic de la pluie, poursuit son chemin le promeneur du dimanche.

       Un immense portail composé de ramures sombres et voilà qu’une forêt d’ombres l’avale : il pénètre alors un royaume couleur émeraude tapissé de mousse, opaque et mystérieux mais cependant lumineux. A peine inquiétant que ces possibles d’une imagination trop fertile où résident, non loin de là, les prémices de l’enfance, les cauchemars enfouis…

        En suspension des lianes végétales se lancent à l’abordage des visages. Elles sont superbes d’arrogance, de rébellion et exhibent une souplesse vitale que l’homme repousse d’un geste large. De grosses bouses s’étalent sur le chemin et parsèment leur odeur ça et là…

Forêts magiques qui font vivre par milliers, source de vie, puissent-elles toujours exister !     

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