Archive for octobre 2009

Mise à mal,

octobre 29, 2009

Je pense à toi,

Même quand je ne dors… Pas.

Somnolence caressée d’un rêve fou,

Un halo de tendresse flou et doux

Qui effleure chaque geste,

Chaque objet imprégné.

Un rempart et une réalité au temps standardisé,

Aux actes mille fois répétés,

Comme un corps spolié, dépouillé,

Cette lame effilée se substitue au vrai.

Le mal est aigu, entré, pénétré…

Culture, entreprise, ton emprise

Anonyme étend son empire

Et de rire, suce et vampirise….

De fait, une sombre histoire de formatage et ratage

D’une mondialisation qui fait ravages

De tout, vous, tous sur son passage.

Coûte que coûte suppléer

Les je, toi, eux, nous, par l’idée

Subreptice d’un oasis communautaire.

Et la famille ? Estampillée, pillée

Par ce remplacé du « votre », usurpée.

L’humain est encore de trop, disséminez !

Recherchée efficacité !…

Reste le dépossédé, carcasse vidée,

 Au plus profond atteint, floué, blousé

Une machine ? Plus rien….

Simple et manichéen….

Et l’amour quand sauv’ qui peut, l’antidote,

D’un organisme usé, un psychotrope.

Tip, top,

Pas flop

La prise du temps retrouvé…

Là, une caresse,

Là, douceur d’un corps

Qui palpite encor’ !

L’être aimé est regardé…

Silence.

Campagne

octobre 26, 2009

 

         Les poules… et les vaches, le trou d’une haie et des yeux noirs de biche, de ruminant en fait… Impassible mais curieux comme une pie… Une grosse masse, là tapie et immobile surprend le promeneur… Une forme alanguie noire, masse sculptée au look bovin qui donne faim ! Tendre chair, pas informe et lisse, d’un noir réglisse au détour d’une futaie, le trou d’une haie. Comme sise, elle attendait cette grosse fournisseuse de lait, tellement féminine, des attraits très cachés mais si massifs qu’en un tour de plusieurs mains et énormes les mains, cinq pieds, six pouces, elle vous plaît… Et attendri sur cette chair molle que vous ne pouvez quitter des yeux, elle vous fait le coup d’une douceur imparable d’amande laiteuse : ces deux yeux fentes vertigineuses qui poussent au crime, à rester face à face, à s’observer en « bêtes curieuses », l’une accroupie tout de noir et de blanc vêtue, l’autre en demi-flexion, la tête plongeante vers le trou béant. Paroi qui sépare deux élans de compassion que ne vient troubler le chant cacophonique de merles, d’insectes, du vent qui s’amuse des feuilles et ces deux yeux sombres qui vous mettent à genoux. Le plus étonnés des deux n’est pas celui que l’on croit, ni le moins curieux… la plus philosophe : sa majesté reine blanche et noire lentement, si, si possible ! S’ébroua, se leva. Promeneur immobile resta… Peut-être est-il encore là ?

 

Que dire

octobre 18, 2009

*

Que dire d’une aube tombante 

qui délimite cette rivière de feuilles

fragiles et frémissantes au vent

encombrantes d’éphémère.

*

Fines et aiguës ces vertes perles

vibrent, bruissent, déliées comme des gouttes

à peine tâches ombrées, fixées de part et d’autre

de fines branches qui s’amenuisent…

*

Ramures qui s’esquissent, légères,

serties d’un cadre que sont ces fenêtres

ouvertes sur de délicats paysages

qui de la cité, révèlent un autre visage.

*

Celui d’une nature qui persiste

et se révèle, paradoxe

jusqu’à suggérer de l’exotisme,

contré par du béton, des murs de pierres.

*

Informe, uniformisation de blocs carrés

que sont ces immeubles,

ces habitations formatées

que ne viennent égayer des parois aveugles…

*

Murs démunis de ces yeux fenêtres

où des pupilles que sont les gens

prennent place et embellissent

de brouhahas et de joyeuses paroles…

*

Mortes ces places où voitures abondent,

conserves d’humains qui s’empilent,

cités dortoirs qui comptent

des heures de travail, de trajets à la con

*

qui gaspillent l’énergie, les énergies

dilapidant les forces, les envies

usent les organismes,

les projets, tout ce qui fait la vie…

*

Et puis, ces fines branches déployées

dont la beauté des feuilles ciselées

vous rappellent à l’instant d’un présent

sublime, léger et vivant…

Sans queue ni pied

octobre 14, 2009

mer1

 

Hé ! Baleiniers, venez,

Souquez, larguez

Vos : « Y’en a marre, assez ! »

Et, en fins limiers, libérez

*

Goutte à goutte

Mais coûte que coûte

Sans aucun doute

Et jusqu’aux bouts,

*

Vos amertumes

Devant le manque de tunes,

Vos turpitudes

D’une vie trop rude :

« Valons plus qu’une prune ! »

*

Bâtissez, construisez,

Unis et forts pour tous…

« Hé ho !!! Vous nous entendez ? »

« Ils » s’époumonent debout ( ?).

« Hou ! Hou ! Sommes sous vous !… »

*

Et de poursuivre : « Arrêtez de pêcher,

Que puisse se reproduire

Et à nouveau foisonner,

Notre espèce, nos petits

Puis revenez nous narguer

*

Et là, nous discuterons !  »

Dit le tonton thon

En haussant le ton,

Et Tous, claquèrent alors

des nageoires pectorales très fort.

*

« Ils sont tous rassemblés,

Profitons de cet instant pour les attraper ! »

« Vous n’y pensez pas ?

dialogue il y a, pour la première fois !!!! »

*

« En quelle langue ? Et comment ?

Langue de bois ou de hareng ?

Sort du rang toi ! Là devant ! »

Tous se regardèrent, vu que c’était un banc !

*

Fretins devant, aucun derrière,

Un banc unis : pas de classes différenciées !

Compter dessus il ne fallait

Pour asseoir une quelconque autorité !

*

« Désignons un chef ! »

Dit la bande d’une même voix.

« Votons à nageoire levée

Pour élire notre représentant-roi ! »

*

« Qui (dites oui !) veut

être celui-là ? »

Tous se regardèrent dans le noir des yeux

Habitués à la vie communautaire : « Comment ça ?

*

Détruire notre unité

En élevant un plus haut que l’autre 

Et qui en notre nom parlerait ?

Comment représenter notre diversité en un apôtre ? »

*

Dès la première grande réunion

Des poissons, une première question !

Là haut les pêcheurs tous en rond

Les regardaient avec commisération.

*

Eux connaissaient déjà ces difficultés

Et en sous cape riaient… Ou pleuraient !

Un requin aux dents aiguisées

Intervint alors, appâté par le gain,

*

Mais à peine s’approcha t-il

Que …Pfuit ! Les poissons s’enfuirent

Laissant là leurs velléités de pourparler

Ainsi qu’une eau toute troublée !

*

Depuis plus jamais

De dialogue entre poissons et l’humanité.

Ils s’étaient à jamais éloignés :

Aucunes synergies désormais !

*

Une petite et simple histoire

Qui se laisse boire

Accompagnée d’un bon vin

Et de frais petits oursins !

Vive la paix !

octobre 13, 2009

« Tout ce qui travaille au développement de la culture travaille aussi contre la guerre. »
Albert Einstein (correspondance avec S. Freud)

Tous plumés ?

octobre 11, 2009

     Aucune plume, à la lune ne dédierais mon amertume et de crainte d’être trop acerbe, m’astreindrais-je à me taire. Silence, devant ces arrogants. Bouche cousue face à ce terrorisme sibyllin de l’autre : je domine, tu domines, il faut que l’un soit ! Unis pour une et mille idées de moi ! Paranoïa, mégalomanie,  le cortège qui suit l’exaltation de sa personne. Parler de soi n’a pas de prix !  Surtout être l’écho des médias, à la mode, in !

    Le vécu d’un simple quidam devient l’histoire extraordinaire, à peu de moyens être au devant de la scène, et l’histoire vraie, celle qui témoigne d’un vécu, d’un passé s’efface…  Devant l’aura du moi, avec pour compagne de ce dernier la flatterie de l’égo.

    Ainsi chouchoutés, dorlotés en oublierait-on les sujets qui fâchent ou préoccupent ? Et de favoriser l’individualisme outrancier pour surpasser la réalité, le recul sur celle-ci, afin de se concentrer sur soi, rien que soi,  en oublier l’autre, les choses à mener ensemble encore, pour un monde meilleur, loin des pleurs : une hérésie d’un rêve cramoisi ????

Exquis

octobre 8, 2009

iceberg

Exquise banquise

qui s’éguise et s’effile

lentement, sûrement,

plus vite encore

que son temps,

comme une petite mort.

*

Tu t’achemines,

blanche et fine,

de plus en plus fine,

tu glisses et t’érodes…

Tiens ! Un ours blanc encor’

*

Tu tâches mine…

De rien, de plus rien

car en eau te dissémine

et noie. Tiens, un humain !

Et ces vagues qui murmurent…

*

En gestation, dessous l’eau,

un monde nouveau.

Indéfectible soutien…

octobre 6, 2009

 

   Vie palpitante, à droite, à gauche, milieu, tournez s’il vous plaît !

    Ririse à monsieur, bonjour à la dame. L’accueillir du mieux possible, soyez très accessible, bien sous tout rapport encor’ et encor’.

   Tenue parfaite, accordée au mobilier, propre et nette. Accepter les remarques sur votre marque.  

   Etre constamment stable et surtout près d’une table. Point trop large, ni trop grande, soyez confortable, à l’aise en tous milieux, faîtes de votre mieux.

    Soyez solide en toutes circonstances cependant gardez vos distances : l’alignement doit être parfait, ne soyez donc pas négligé.

    Parfois vous serez malmené, mais toujours là quel qu’il soit !

   Songez à partir, quand trop faible vous ne supporterez plus le poids. Le poids des années et comme tout mobilier vous quitterez cette vie à jamais !

   Chaises je vous ai tant aimées….

Malice à part,

octobre 3, 2009

bonbon

Donne à manger à bobonne,

Fils à retors à Castor,

Plein les pa-pattes à Médor,

Laisse à maî-maître car il dort.

*

Pourquoi, « tout à coup » s’est tiré ?

« Maintenant » s’ennuie à mourir

Parce que trop « longtemps » installé

Alors, « vite » retire, se met à sévir.

*

J’en peux plus de ces bons,

Généreux et faciles bonbons,

Ces cadeaux malicieux comme des dons,

Alors qu’amour ne peut délivrer pour de bon !

 

octobre 1, 2009

fleur1

1

    Des moignons d’arbres, restent des troncs coupés, déchirures orangées de sèves qui s’élancent vers le ciel…

Toits crevés, maisons disséquées et à même le sol des restes de vie, broyées en un seul soir de tempête…

   Viscéralement ancrés ces souvenirs horribles : les hurlements de ce terrible vent tourbillonnant, de saccages les rues emplissant :

  D’abord, apparurent ces éclairs blancs puis leurs sons fracassants. Enfin, des torrents d’eau annonciateurs de ces maudits souffles de vents violents : une tornade broyant comme fétu de paille, tout sur son passage et cet arbre devant la fenêtre qui crie et qui ne plie… Tous ces bruits qui crissent et rompt la ferraille. Des lames de fer d’anciens panneaux publicitaires se tordent comme carton pâte et trouvent refuge dans les hauteurs. Insolites que ces tôles en équilibre sur les ramures… Plus loin, un clocher déplacé, des toits effondrés, la nature n’a pas de cœur…

    Triste et désolant spectacle qu’un lendemain de tornade ! Presque comme un matin de guerre, insupportable, inhumain et ce vacarme de silence soudain et plein de larmes, ces souvenirs épars, maintenant lointains… Des lambeaux de vie à jamais étalés sur l’asphalte, des projets qui s’en sont allés, une terre devenue vide d’espoir et… Lentement… Une respiration comme une fausse halte :

un enfant joue parmi les décombres, c’est déjà le soir…

 

2

 

   Tâches oblongues blanches, rouges et bleues s’agitent et se suivent à l’entrée du zoo. Des allées et venues continues toutes l’année durant et ce, depuis toujours. Belges, Français et autres étrangers se bousculent pour pénétrer dans cette enceinte d’animaux préservés.

   Alentour des bruits innombrables, tonitruants qui encerclent cet îlot, arche de Noé. Presqu’un rituel que cette longue file de visiteurs. L’été, elle bat son plein, nullement troublée par les rythmes citadins : bolides déchainés, foule pressée, gens préoccupés, stressés, compressés. Deux temps rythmés différemment se côtoient de manière contrastée mais cependant harmonieuse…

    La vie a bien repris dans cette cité naguère sinistrée et se mélangent à nouveau ces calmes vacanciers aux travailleurs empressés…