Archive for novembre 2009

Incisifs

novembre 28, 2009

Les dents plantées

Dans le bureau, il ne sait…

Qu’a t-il fait ? Rien,

Assurément de répréhensible,

Et pourtant…

Le voilà là,

Les bras,

Branlants…

Le bras long, long,

immensément.

le visage, le visage,

Prostré…

Vautré.

Quelle position,

Pour ce cadre moyen

La honte !

A trop vouloir

De pouvoir

A marcher,

Ecraser

Ses camarades,

Pardon, ses « concurrents »,

Lui sont poussées les dents,

De devant, celle du haut.

Rien compris ou tout !

Il est là,

Il ne bouge,

Tourne son regard

Et alors ?

Tous,

 Arrêtés,

 Définitivement,

En plein essor.

Et ces fichues dents

Qui poussent encor’ !

Percent le bois tendre.

Plus que leur appétit,

Elles sont aiguisées, si…

Qu’impossible de les enlever.

Les passants amusés,

Ce matin là,

Se sont extasiés.

Eux, tous chômeurs,

Les ont entraperçus… Figés !

Pour une fois, le spectacle

Etait là haut !

Dans ces buildings rien

Ne bougeait…

Sauf leurs bras,

Qui en vain

Gesticulaient…

 

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Faites bref ! […]

novembre 26, 2009

 

 

Il s’introspecte

Il s’introspecte

Deux fois !

Il s’intrompette

Et voilà…

Il… Pardon répète…

Oui ? (Lassé)

Il… Saperlipopette !

Difficile

De dire,

Essayez plusieurs fois,

Plus de trois

A la suite, très vite,

Vous en déduirez :

« C’est trop ! »

Ce petit chemin.

novembre 19, 2009

      S’élève d’un seul côté, la frondaison multicolore de cette allée, mêlant les ors de l’automne aux verts crus de l’été. Des futs de fer rouillés, se détachent points sombres, très graphiques et dressés à mi-hauteur. Appuis des regards, ils soulignent joliment la perspective, rectifiant le désordre d’un chemin balayé par les feuilles. Leurs lits s’épandent de part et d’autre, unissant la sienne brûlée à l’émeraude du gazon. Douceur des tons et tiédeur de l’atmosphère invitent à l’épanchement : s’étendre douillettement sur cette rivière végétale et se laisser aller au gré de son courant harmonieux… Arrêter sa course… Comme une sensation d’éternité et l’omniprésence d’une grande communion alliant le végétal au minéral à l’organique, tout n’est que palpitation… L’acuité de l’instant force le présent.

      Un entrelacs de cailloux gris perle et de terre complète ce passage aménagé en pleine ville. La lumière divine, drape et cisèle l’ensemble parcellisant d’or ce qu’elle rompt. Les rayons trouent les épais feuillages, réorganisent, tranchent, disloquent telles des touches de piano, cette longue voie. La ballade se soumet alors à ces rythmes dorés et syncopés.

      Un vroum agressif retentit surplombant les murmures alentours. Le reflet noir de deux blousons de cuir, juchés sur une mobylette perce la douce pénombre veloutée.  Ils se ruent à l’assaut de la voie momentanément libre. Nullement troublé, comme un voile de drap fin étouffant le crissement des pneus, le bruissement des feuilles estompe les sons stridents et contribue à la quiétude de ces lieux. Même les poubelles offrent aux passants de larges corolles accueillantes et les papiers gras qui jonchent le sol sont comme des points colorés. Disséminés de-ci de-là, ils égayent et rehaussent l’herbe moelleuse.

      Au loin, la démarche chaloupée, s’approche un groupe d’adolescents. Un énorme sac de sport en bandoulière tambourine le buste du jeune homme. Le noir et le blanc s’affichent et tranchent avec les tons ambiants. Parvient l’écho bruyant de leur voix. Ils sont trois, le sac de sport au centre :

« Moi j’ai coupé la gazinière. J’vous l’dit, j’ai coupé la gazinière ».

Son voisin : « Moi, j’payais seulement l’gaz, la machine à laver, j’teul’dis…[…] »

En fait de jeunes, ils ont la trentaine bien agitée, l’un au maillot de corps blanc très ajusté, casquette de même couleur, a le verbe haut. Son   torse maigre, est secoué de tics nerveux…. Très pâle de peau…

      Dans l’autre sens, le pas souple, la quarantaine tranquille, il marche au centre de l’avenue. Un homme au teint bis, souriant, affable, seul. Le caddie est porté à même l’épaule, vide, léger encore. Le rouge de sa chemise flamboie, complété par un bluejean. Il semble danser, à l’aise, en plein milieu de l’allée, faisant écho aux branches légères qui le surplombent. Il s’éloigne…

      A la croisée de brassages cosmopolites, ce chemin où, curieusement, se rencontrent et se côtoient furtivement le temps d’une marche, des mondes aux cultures et générations diverses… Des parallèles qui l’espace d’une seconde se sont frôlées, senties, approchées… Via une voie. Ils se sont vus, différents aussi parfois,  unis subrepticement : à l’instant et en une même fratrie, celle des hommes, de tous….

      Il reste des chemins à édifier encore à l’encontre des autres, des peuples… Et je pense à ces explorateurs qui ont ouvert des voies, à leur manière sont allés vers les autres. Non pour les conquérir mais afin de comprendre, poser un regard ailleurs que sur leur propre culture et contribué ainsi à construire un mur contre l’intolérance ….

      Pan ! Le bruit sourd d’une masse qui frappe. La rouille, ce temps qui patinent avec charme l’endroit : « moderne » diront les uns, « nostalgique » plaideront les autres… Le roux de l’automne naissant uniformise et marque d’une manière tangible et visible, les temps différents qui s’écoulent.

      Des générations de gens passeront encore sur cet étroit et beau chemin.

Bon appétit !

novembre 11, 2009

                           

 

 Deux granits roses

 imposants et en pause,

deux massifs de chair,

inébranlables et associés.

             ——–

Pelotonnées, deux masses

Pas intimidées qui se tassent,

L’une contre l’autre, tout près,

Et qui semblent comploter.

                 ——–

Deux gros réglisses appétissants

S’en est presque touchant,

Se reposent côte à côte,

Immobiles : un couple en vogue ?…

                 ——–

Au centre des regards,

Quatre fesses couleur saumon flasque,

Tournent le dos aux visiteurs

Pour leur plus grand malheur !

                 ——–

Deux hippopotames ont décidé

De ne plus se baigner

Et de profiter de l’amas de denrée

Pour enfin, goulument, se rassasier.

Intermède ou interlude…

novembre 5, 2009

Beuz… ou… ic !

B’zouic !

Hein ?

B… Z… C

??

Ah ! Hé !?

C’est mieux

Mais ???

Hek !

……..

Help !

Dit le bruit sec

Du pivert

Auquel répondit

Le bruit sourd

Du crâne à lui

Qui tâchait

D’ouvrir

D’un coup bref

Sa boîte à

Appas

Du papa

Qui ne s’ouvrait pas

Faute de qui ?

De quoi ?

Ben… D’un ouvre- boite !

Ha la ! La !