Posts Tagged ‘Nature’

3 pour le prix d’1 (article) ou « Dieu reconnaîtra les siens… » Ou « pas sérieux ! »

juin 28, 2010

                                                                               Alphonse                                      

L’âme poétique

D’un bateau qui fonce

Alphonse

Qui fait des vagues

Mais pas à l’âme

Gildas

N’absorbe pas et déborde

De nombre grands mots gros

Qu’il prend très d’un ton haut

Jacquot

Puis il manipule

En petite crapule

Ursule 

Tout en rotondades

Et en sérénades

Gaspard

Et quand il vous dît :

« Je m’éblouis »

« Oui, moi aussi »

Lui répliquez-vous sans rire

Dany !

(Un de circonstance…)

Chaud

 

Voluptueuses toisons

Rousses

Débordent,

Bougent oreilles

Et vacillent du museau.                                            

Tommes noires

Cornes immobiles,

L’une observe

Les autres tapissent l’herbe.

Chaud soleil

Endort

Et paisible

Le passant

Qui regarde

Encor’

 

 

 

 

 

 

( Sourire) Et surtout les vacances arrivent alors soyez attentifs et  n’oubliez pas  :

 

Annonce

 

« N’hésitez pas à signaler tout colis suspect ou personne abandonnée »

 

Je vous souhaite à tous de bonnes vacances comme à ce blog d’ailleurs, amusez vous , profitez et une joyeuse blogosphère à tous ! J’y vââ … A bientôt !

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Souveraine

juin 19, 2010

Lumière divine, opaline

Quand elle perce et traverse

Les lais de coton jaunis,

Elle enjolive les grandes baies.

~

Une traversière des âmes

Qu’elle émeut, impavide

Et qui s’abandonnent calmes,

A ses bras translucides.

~

Une pointe d’éclat qui

Dissèque et disloque

Là, un feuillage exquis

L’illumine telle breloque.

~

Souveraine fascinante,

Elle fissure, déstructure, ploie

Sous son aile aérienne,

Proie des idées illusoires.

~

Fantasmagorie des sens,

Elle se rit des forts esprits,

De l’imaginaire qui la suit,

Et tous se plient profondément devant.

(zphoto.fr de Anna C : « lumières » du Pays Basque)

Jaune Dites

juin 6, 2010

Jaune

 

Du jaune, du jaune

Et des milliers qui

S’encensent, s’ensemencent,

Se bousculent, virgule, i,

Jamais droits, pointent tout jaunis

Leurs tendres membres vers le ciel

Et gentiment se marient

A l’azur des nuages,

Courent et se jouent des rayons gourds

Et de la lumière qui sourde.

 

 

 Dites

 

Tous ensembles,

Criez !

Que l’on entende

Du monde entier,

Celui qui se meurt

En silence

De douleur

Dites :

«Je ne veux plus

De morts inutiles »

 

Ce petit chemin.

novembre 19, 2009

      S’élève d’un seul côté, la frondaison multicolore de cette allée, mêlant les ors de l’automne aux verts crus de l’été. Des futs de fer rouillés, se détachent points sombres, très graphiques et dressés à mi-hauteur. Appuis des regards, ils soulignent joliment la perspective, rectifiant le désordre d’un chemin balayé par les feuilles. Leurs lits s’épandent de part et d’autre, unissant la sienne brûlée à l’émeraude du gazon. Douceur des tons et tiédeur de l’atmosphère invitent à l’épanchement : s’étendre douillettement sur cette rivière végétale et se laisser aller au gré de son courant harmonieux… Arrêter sa course… Comme une sensation d’éternité et l’omniprésence d’une grande communion alliant le végétal au minéral à l’organique, tout n’est que palpitation… L’acuité de l’instant force le présent.

      Un entrelacs de cailloux gris perle et de terre complète ce passage aménagé en pleine ville. La lumière divine, drape et cisèle l’ensemble parcellisant d’or ce qu’elle rompt. Les rayons trouent les épais feuillages, réorganisent, tranchent, disloquent telles des touches de piano, cette longue voie. La ballade se soumet alors à ces rythmes dorés et syncopés.

      Un vroum agressif retentit surplombant les murmures alentours. Le reflet noir de deux blousons de cuir, juchés sur une mobylette perce la douce pénombre veloutée.  Ils se ruent à l’assaut de la voie momentanément libre. Nullement troublé, comme un voile de drap fin étouffant le crissement des pneus, le bruissement des feuilles estompe les sons stridents et contribue à la quiétude de ces lieux. Même les poubelles offrent aux passants de larges corolles accueillantes et les papiers gras qui jonchent le sol sont comme des points colorés. Disséminés de-ci de-là, ils égayent et rehaussent l’herbe moelleuse.

      Au loin, la démarche chaloupée, s’approche un groupe d’adolescents. Un énorme sac de sport en bandoulière tambourine le buste du jeune homme. Le noir et le blanc s’affichent et tranchent avec les tons ambiants. Parvient l’écho bruyant de leur voix. Ils sont trois, le sac de sport au centre :

« Moi j’ai coupé la gazinière. J’vous l’dit, j’ai coupé la gazinière ».

Son voisin : « Moi, j’payais seulement l’gaz, la machine à laver, j’teul’dis…[…] »

En fait de jeunes, ils ont la trentaine bien agitée, l’un au maillot de corps blanc très ajusté, casquette de même couleur, a le verbe haut. Son   torse maigre, est secoué de tics nerveux…. Très pâle de peau…

      Dans l’autre sens, le pas souple, la quarantaine tranquille, il marche au centre de l’avenue. Un homme au teint bis, souriant, affable, seul. Le caddie est porté à même l’épaule, vide, léger encore. Le rouge de sa chemise flamboie, complété par un bluejean. Il semble danser, à l’aise, en plein milieu de l’allée, faisant écho aux branches légères qui le surplombent. Il s’éloigne…

      A la croisée de brassages cosmopolites, ce chemin où, curieusement, se rencontrent et se côtoient furtivement le temps d’une marche, des mondes aux cultures et générations diverses… Des parallèles qui l’espace d’une seconde se sont frôlées, senties, approchées… Via une voie. Ils se sont vus, différents aussi parfois,  unis subrepticement : à l’instant et en une même fratrie, celle des hommes, de tous….

      Il reste des chemins à édifier encore à l’encontre des autres, des peuples… Et je pense à ces explorateurs qui ont ouvert des voies, à leur manière sont allés vers les autres. Non pour les conquérir mais afin de comprendre, poser un regard ailleurs que sur leur propre culture et contribué ainsi à construire un mur contre l’intolérance ….

      Pan ! Le bruit sourd d’une masse qui frappe. La rouille, ce temps qui patinent avec charme l’endroit : « moderne » diront les uns, « nostalgique » plaideront les autres… Le roux de l’automne naissant uniformise et marque d’une manière tangible et visible, les temps différents qui s’écoulent.

      Des générations de gens passeront encore sur cet étroit et beau chemin.

octobre 1, 2009

fleur1

1

    Des moignons d’arbres, restent des troncs coupés, déchirures orangées de sèves qui s’élancent vers le ciel…

Toits crevés, maisons disséquées et à même le sol des restes de vie, broyées en un seul soir de tempête…

   Viscéralement ancrés ces souvenirs horribles : les hurlements de ce terrible vent tourbillonnant, de saccages les rues emplissant :

  D’abord, apparurent ces éclairs blancs puis leurs sons fracassants. Enfin, des torrents d’eau annonciateurs de ces maudits souffles de vents violents : une tornade broyant comme fétu de paille, tout sur son passage et cet arbre devant la fenêtre qui crie et qui ne plie… Tous ces bruits qui crissent et rompt la ferraille. Des lames de fer d’anciens panneaux publicitaires se tordent comme carton pâte et trouvent refuge dans les hauteurs. Insolites que ces tôles en équilibre sur les ramures… Plus loin, un clocher déplacé, des toits effondrés, la nature n’a pas de cœur…

    Triste et désolant spectacle qu’un lendemain de tornade ! Presque comme un matin de guerre, insupportable, inhumain et ce vacarme de silence soudain et plein de larmes, ces souvenirs épars, maintenant lointains… Des lambeaux de vie à jamais étalés sur l’asphalte, des projets qui s’en sont allés, une terre devenue vide d’espoir et… Lentement… Une respiration comme une fausse halte :

un enfant joue parmi les décombres, c’est déjà le soir…

 

2

 

   Tâches oblongues blanches, rouges et bleues s’agitent et se suivent à l’entrée du zoo. Des allées et venues continues toutes l’année durant et ce, depuis toujours. Belges, Français et autres étrangers se bousculent pour pénétrer dans cette enceinte d’animaux préservés.

   Alentour des bruits innombrables, tonitruants qui encerclent cet îlot, arche de Noé. Presqu’un rituel que cette longue file de visiteurs. L’été, elle bat son plein, nullement troublée par les rythmes citadins : bolides déchainés, foule pressée, gens préoccupés, stressés, compressés. Deux temps rythmés différemment se côtoient de manière contrastée mais cependant harmonieuse…

    La vie a bien repris dans cette cité naguère sinistrée et se mélangent à nouveau ces calmes vacanciers aux travailleurs empressés…

Invitation à une ballade…

août 15, 2009

forêt nouvelleToutes en nuances bigarrées cette forêt et soudain la fantaisie d’une feuille, tache minuscule jaune vif, qui se laisse choir. Des troncs fuselés au graphisme aigu, arborent des couleurs pleines et douces, arrondis d’une ombre de velours. Arbres oblongues aux fûts comme de longues tiges qui, à leur faîte sont ornés de feuilles légères et diaphanes jouant sur les transparences. Leurs superpositions harmonieuses font de l’azur blanchâtre, un tapis de taches, pictural et délicat…

       L’air s’emplit des odeurs rousses de graciles fougères délicatement suspendues. Elles ondulent, caressées par le vent et comme les dentelles de ces frêles danseuses, esquissent un lent et majestueux mouvement d’ensemble. Aux pas feutrés d’une promenade solitaire, lui parvient un murmure sourd, semblable à l’écoulement d’une fontaine, bruit commun aux vastes étendues et identique à celui perçu au fond d’un coquillage. C’est comme s’il régnait en ces lieux immenses une communauté de sons perpétuels soumis pourtant à l’éphémère qui ici régit tout.

   Perce, le reflet aigu et scintillant d’une flaque à la blancheur irréelle, le roux d’une toison de feuilles sagement posées, attire les prunelles. De contrastes en contrastes saisissants, le temps perd prise. Il se dilue en ces instants de beauté pure d’une vérité absolue, entière, accaparante et poussant à l’abandon l’être. Il fusionne avec l’instant présent, la nature, vibrant à l’unisson de celle-ci. Tout n’est plus que palpitations.

La ballade se poursuit en un agencement sage de fines branches qui surplombent et rythment le sentier.

   Les chemins forestiers paraissant comme apprêtés, achalandent de leurs verts feuillages les promeneurs devenus rares.

Lumières et ombres alternées se prolongent et séquencent la marche.

   Des pins aux extrémités crochues pendent et semblent se lamenter du vide et du regard quelque peu craintif du passant. Ce dernier reflète leurs fantasques visions humaines, ces pensées exaltées trouvant là un exutoire à une paranoïa de survoltés à regarder, digérer de trop près, trop souvent les images télévisées… Et puis ressurgit cette peur ancestrale, originelle…

  Tactiles, les semelles bruissent à l’unisson d’un sol spongieux… Au loin aboient des chiens stigmatisant les présences intruses… Les jappements fusent…

Ploc des pas ! Pluic de la pluie, poursuit son chemin le promeneur du dimanche.

       Un immense portail composé de ramures sombres et voilà qu’une forêt d’ombres l’avale : il pénètre alors un royaume couleur émeraude tapissé de mousse, opaque et mystérieux mais cependant lumineux. A peine inquiétant que ces possibles d’une imagination trop fertile où résident, non loin de là, les prémices de l’enfance, les cauchemars enfouis…

        En suspension des lianes végétales se lancent à l’abordage des visages. Elles sont superbes d’arrogance, de rébellion et exhibent une souplesse vitale que l’homme repousse d’un geste large. De grosses bouses s’étalent sur le chemin et parsèment leur odeur ça et là…

Forêts magiques qui font vivre par milliers, source de vie, puissent-elles toujours exister !