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Equitable marché ?

juin 14, 2010

 

Le style pour le style,

C’est comme le péristyle

Ou donneur à son honneur

Généreux, mais peut-être malfaiteur ?

#

Riche et pas qu’à moitié,

Imposable et d’un seul coup plus taxé

Car il s’est saigné pour ces pauvrets

De manière… presque spontanée.

#

Pas regardant mais s’est regardé,

En grande pompe, distribuer.

Et « l’autre », à côté

Etait presque caché.

#

Pourtant, ce dernier, tous les jours et pas qu’à moitié :

Sans photographe attitré,

A partagé son pain, son vin, son boursin…

Presque sa femme ? Le cœur toujours sur la main…

#

« La Bonne Action… ou la B.A »

mai 25, 2010

 

Lumières, rougeoiements dans le crépuscule de la nuit.

D’abord une, deux puis d’innombrables gouttes rouges de pluie

Se succèdent à une vitesse effarante :

Des mobiles roulent, de près se suivant…

Comme pour une longue migration,

Ils poursuivent la même destination,

D’instinct ? Non ! Ce voyage n’est pas sans raison,

Il porte en lui des affres, des perditions,

Une ineffable tristesse, une terrible émotion.

L’inéluctable cortège prolonge son voyage,

Qui n’a d’ailleurs plus d’âge.

Chaque année il se reproduit,

Chaque année il ne crée guère l’envie.

Pourtant, ils sont de plus en plus nombreux,

Le cœur lourd mais le geste généreux,

À effectuer pour le gouvernement, leur bonne action,

(Bien mal récompensée) : déposer leur imposition !

 

(PS  Petit rappel avant la date fatidique !!)

Jadis

mai 18, 2010

Insolent, somnolence et dolence : tes créances,

Tu pourfends donc ainsi qui ? Toi et les mêmes

Qui naquirent il y a longtemps, ce siècle

Dépassé où vous faisiez la pluie, le beau temps ?

Ce temps jadis,

En dorée tunique, vous faisiez danser oiselles,

Et gents gens. Sous la blanche ombrelle, miroitaient

 Les fûts, verres et couverts d’argent ; se levait

Gentiment la soubrette et vous l’embrassiez

L’air fol, léger.

L’esprit aux facondes, de paroles abreuviez

Ceux qui ne vous aimaient mais qui, précieux servaient !

Clique claquante et clinquante vous ne faisiez…

Pas rêver mais envier ! De trop loin, brillait

Un vrai faste,

L’ombre du miracle, aux yeux de tous visible

Et rend grâce à cette éternelle mélancolie

Qui vous affectait ; Cette belle générosité

Qu’envers plus pauvres vous daigniez manifester,

que vous montriez

A grands effets. De belles parures à vifs éclats

Eclaboussèrent, quelques gouttes ici et là

Fusèrent, telles des mèches, enflammèrent ragots

Et firent le feu de multiples et lyriques échos.

Des scandales

Financiers et ces tas de pauvres qui crevaient !

Lentement absorbés, vous faisiez le lit

D’une nouvelle classe, plus rapace, efficace,

Qui vous dépeça mais géra vos patrimoines,

Qu’elle fructifia

Plus pragmatique, cette nouvelle espèce,

Preste, ne se chargea que de l’argent, simplement.

A l’ombre des regards, elle opère, fiduciaire,

Plus prospère, elle manœuvre, influence,

Sans état d’âme

Et librement sous les yeux plus qu’affectueux

De ces « grands ». Aucune limite à son audace !

Comme très loin le temps où misère grande,

Et pourtant, ne le serait-elle pas  tout autant ?

*

(Nettement plus court !)

Quiproquo

 

Boa

Moi

Quoi ?!

 

Il, ils…

décembre 16, 2009

Le froid dehors

et toi…

Des lueurs

et le bleu

tes yeux

perdus en cette nuit

ou nus presque ils grelottent

ou sous les cartons il,

ils fuient se pelotonnent

sous cette neige qui fond.

des lueurs

et le bleu

tes yeux

éperdus de douleurs

ce soir la misère

vaincra encore

et entonnera son miserere

dors, dors…

La pénombre s’abat

abat sans bruit

en silence là

il, ils gisent.

 

« Je veux, si je suis élu président de la république, que d’ici à deux ans, plus personne ne soit obligé de dormir sur le trottoir et d’y mourir de froid. Parce que le droit à l’hébergement, je vais vous le dire, c’est une obligation humaine. Mes chers amis, comprenez-le bien : si on n’est plus choqués quand quelqu’un n’a pas de toit lorsqu’il fait froid et qu’il est obligé de dormir dehors, c’est tout l’équilibre de la société où vous voulez que vos enfants vivent en paix qui s’en trouvera remis en cause. »

Déclaration du Président de la République avant son élection.

Cette phrase peut être  recopiée dans  les blogs en soutien à ceux là…….. Une belle initiative de Renard : http://feelings.over-blog.fr/

Dialogue de sourds

décembre 4, 2009

– Arrête !
– Quoi ?
– De casser…
– Hein ?
– Tout !
– Tu
n’es plus
notre grand manitou.
– De quoi ?
– De tout,
tu garanties
les actionnaires
à vie…
en jouant des nôtres,
tu n’es
plus notre apôtre !
– J’écoute
mais n’entend.
Je me proclame roi
simplement comme ça,
parce que vous avez voté pour moi.
Je m’arroge tous les pouvoirs.
Je, je, je, je, je
et ceci n’est pas un jeu !
Je vous aime…
et flatte
votre amour de la
propriété,
vos oui pour
chacun pour soi
et rien pour tous.
Me déclare (encore une fois)
votre roi.
Battez vous entre vous
pour tout !
Et de mon petit doigt
réglerais tout ça, mais surtout ne vous
unissez pas,
car je n’aurais plus cet aura !

Incisifs

novembre 28, 2009

Les dents plantées

Dans le bureau, il ne sait…

Qu’a t-il fait ? Rien,

Assurément de répréhensible,

Et pourtant…

Le voilà là,

Les bras,

Branlants…

Le bras long, long,

immensément.

le visage, le visage,

Prostré…

Vautré.

Quelle position,

Pour ce cadre moyen

La honte !

A trop vouloir

De pouvoir

A marcher,

Ecraser

Ses camarades,

Pardon, ses « concurrents »,

Lui sont poussées les dents,

De devant, celle du haut.

Rien compris ou tout !

Il est là,

Il ne bouge,

Tourne son regard

Et alors ?

Tous,

 Arrêtés,

 Définitivement,

En plein essor.

Et ces fichues dents

Qui poussent encor’ !

Percent le bois tendre.

Plus que leur appétit,

Elles sont aiguisées, si…

Qu’impossible de les enlever.

Les passants amusés,

Ce matin là,

Se sont extasiés.

Eux, tous chômeurs,

Les ont entraperçus… Figés !

Pour une fois, le spectacle

Etait là haut !

Dans ces buildings rien

Ne bougeait…

Sauf leurs bras,

Qui en vain

Gesticulaient…

 

Ce petit chemin.

novembre 19, 2009

      S’élève d’un seul côté, la frondaison multicolore de cette allée, mêlant les ors de l’automne aux verts crus de l’été. Des futs de fer rouillés, se détachent points sombres, très graphiques et dressés à mi-hauteur. Appuis des regards, ils soulignent joliment la perspective, rectifiant le désordre d’un chemin balayé par les feuilles. Leurs lits s’épandent de part et d’autre, unissant la sienne brûlée à l’émeraude du gazon. Douceur des tons et tiédeur de l’atmosphère invitent à l’épanchement : s’étendre douillettement sur cette rivière végétale et se laisser aller au gré de son courant harmonieux… Arrêter sa course… Comme une sensation d’éternité et l’omniprésence d’une grande communion alliant le végétal au minéral à l’organique, tout n’est que palpitation… L’acuité de l’instant force le présent.

      Un entrelacs de cailloux gris perle et de terre complète ce passage aménagé en pleine ville. La lumière divine, drape et cisèle l’ensemble parcellisant d’or ce qu’elle rompt. Les rayons trouent les épais feuillages, réorganisent, tranchent, disloquent telles des touches de piano, cette longue voie. La ballade se soumet alors à ces rythmes dorés et syncopés.

      Un vroum agressif retentit surplombant les murmures alentours. Le reflet noir de deux blousons de cuir, juchés sur une mobylette perce la douce pénombre veloutée.  Ils se ruent à l’assaut de la voie momentanément libre. Nullement troublé, comme un voile de drap fin étouffant le crissement des pneus, le bruissement des feuilles estompe les sons stridents et contribue à la quiétude de ces lieux. Même les poubelles offrent aux passants de larges corolles accueillantes et les papiers gras qui jonchent le sol sont comme des points colorés. Disséminés de-ci de-là, ils égayent et rehaussent l’herbe moelleuse.

      Au loin, la démarche chaloupée, s’approche un groupe d’adolescents. Un énorme sac de sport en bandoulière tambourine le buste du jeune homme. Le noir et le blanc s’affichent et tranchent avec les tons ambiants. Parvient l’écho bruyant de leur voix. Ils sont trois, le sac de sport au centre :

« Moi j’ai coupé la gazinière. J’vous l’dit, j’ai coupé la gazinière ».

Son voisin : « Moi, j’payais seulement l’gaz, la machine à laver, j’teul’dis…[…] »

En fait de jeunes, ils ont la trentaine bien agitée, l’un au maillot de corps blanc très ajusté, casquette de même couleur, a le verbe haut. Son   torse maigre, est secoué de tics nerveux…. Très pâle de peau…

      Dans l’autre sens, le pas souple, la quarantaine tranquille, il marche au centre de l’avenue. Un homme au teint bis, souriant, affable, seul. Le caddie est porté à même l’épaule, vide, léger encore. Le rouge de sa chemise flamboie, complété par un bluejean. Il semble danser, à l’aise, en plein milieu de l’allée, faisant écho aux branches légères qui le surplombent. Il s’éloigne…

      A la croisée de brassages cosmopolites, ce chemin où, curieusement, se rencontrent et se côtoient furtivement le temps d’une marche, des mondes aux cultures et générations diverses… Des parallèles qui l’espace d’une seconde se sont frôlées, senties, approchées… Via une voie. Ils se sont vus, différents aussi parfois,  unis subrepticement : à l’instant et en une même fratrie, celle des hommes, de tous….

      Il reste des chemins à édifier encore à l’encontre des autres, des peuples… Et je pense à ces explorateurs qui ont ouvert des voies, à leur manière sont allés vers les autres. Non pour les conquérir mais afin de comprendre, poser un regard ailleurs que sur leur propre culture et contribué ainsi à construire un mur contre l’intolérance ….

      Pan ! Le bruit sourd d’une masse qui frappe. La rouille, ce temps qui patinent avec charme l’endroit : « moderne » diront les uns, « nostalgique » plaideront les autres… Le roux de l’automne naissant uniformise et marque d’une manière tangible et visible, les temps différents qui s’écoulent.

      Des générations de gens passeront encore sur cet étroit et beau chemin.

Mise à mal,

octobre 29, 2009

Je pense à toi,

Même quand je ne dors… Pas.

Somnolence caressée d’un rêve fou,

Un halo de tendresse flou et doux

Qui effleure chaque geste,

Chaque objet imprégné.

Un rempart et une réalité au temps standardisé,

Aux actes mille fois répétés,

Comme un corps spolié, dépouillé,

Cette lame effilée se substitue au vrai.

Le mal est aigu, entré, pénétré…

Culture, entreprise, ton emprise

Anonyme étend son empire

Et de rire, suce et vampirise….

De fait, une sombre histoire de formatage et ratage

D’une mondialisation qui fait ravages

De tout, vous, tous sur son passage.

Coûte que coûte suppléer

Les je, toi, eux, nous, par l’idée

Subreptice d’un oasis communautaire.

Et la famille ? Estampillée, pillée

Par ce remplacé du « votre », usurpée.

L’humain est encore de trop, disséminez !

Recherchée efficacité !…

Reste le dépossédé, carcasse vidée,

 Au plus profond atteint, floué, blousé

Une machine ? Plus rien….

Simple et manichéen….

Et l’amour quand sauv’ qui peut, l’antidote,

D’un organisme usé, un psychotrope.

Tip, top,

Pas flop

La prise du temps retrouvé…

Là, une caresse,

Là, douceur d’un corps

Qui palpite encor’ !

L’être aimé est regardé…

Silence.

Que dire

octobre 18, 2009

*

Que dire d’une aube tombante 

qui délimite cette rivière de feuilles

fragiles et frémissantes au vent

encombrantes d’éphémère.

*

Fines et aiguës ces vertes perles

vibrent, bruissent, déliées comme des gouttes

à peine tâches ombrées, fixées de part et d’autre

de fines branches qui s’amenuisent…

*

Ramures qui s’esquissent, légères,

serties d’un cadre que sont ces fenêtres

ouvertes sur de délicats paysages

qui de la cité, révèlent un autre visage.

*

Celui d’une nature qui persiste

et se révèle, paradoxe

jusqu’à suggérer de l’exotisme,

contré par du béton, des murs de pierres.

*

Informe, uniformisation de blocs carrés

que sont ces immeubles,

ces habitations formatées

que ne viennent égayer des parois aveugles…

*

Murs démunis de ces yeux fenêtres

où des pupilles que sont les gens

prennent place et embellissent

de brouhahas et de joyeuses paroles…

*

Mortes ces places où voitures abondent,

conserves d’humains qui s’empilent,

cités dortoirs qui comptent

des heures de travail, de trajets à la con

*

qui gaspillent l’énergie, les énergies

dilapidant les forces, les envies

usent les organismes,

les projets, tout ce qui fait la vie…

*

Et puis, ces fines branches déployées

dont la beauté des feuilles ciselées

vous rappellent à l’instant d’un présent

sublime, léger et vivant…

Sans queue ni pied

octobre 14, 2009

mer1

 

Hé ! Baleiniers, venez,

Souquez, larguez

Vos : « Y’en a marre, assez ! »

Et, en fins limiers, libérez

*

Goutte à goutte

Mais coûte que coûte

Sans aucun doute

Et jusqu’aux bouts,

*

Vos amertumes

Devant le manque de tunes,

Vos turpitudes

D’une vie trop rude :

« Valons plus qu’une prune ! »

*

Bâtissez, construisez,

Unis et forts pour tous…

« Hé ho !!! Vous nous entendez ? »

« Ils » s’époumonent debout ( ?).

« Hou ! Hou ! Sommes sous vous !… »

*

Et de poursuivre : « Arrêtez de pêcher,

Que puisse se reproduire

Et à nouveau foisonner,

Notre espèce, nos petits

Puis revenez nous narguer

*

Et là, nous discuterons !  »

Dit le tonton thon

En haussant le ton,

Et Tous, claquèrent alors

des nageoires pectorales très fort.

*

« Ils sont tous rassemblés,

Profitons de cet instant pour les attraper ! »

« Vous n’y pensez pas ?

dialogue il y a, pour la première fois !!!! »

*

« En quelle langue ? Et comment ?

Langue de bois ou de hareng ?

Sort du rang toi ! Là devant ! »

Tous se regardèrent, vu que c’était un banc !

*

Fretins devant, aucun derrière,

Un banc unis : pas de classes différenciées !

Compter dessus il ne fallait

Pour asseoir une quelconque autorité !

*

« Désignons un chef ! »

Dit la bande d’une même voix.

« Votons à nageoire levée

Pour élire notre représentant-roi ! »

*

« Qui (dites oui !) veut

être celui-là ? »

Tous se regardèrent dans le noir des yeux

Habitués à la vie communautaire : « Comment ça ?

*

Détruire notre unité

En élevant un plus haut que l’autre 

Et qui en notre nom parlerait ?

Comment représenter notre diversité en un apôtre ? »

*

Dès la première grande réunion

Des poissons, une première question !

Là haut les pêcheurs tous en rond

Les regardaient avec commisération.

*

Eux connaissaient déjà ces difficultés

Et en sous cape riaient… Ou pleuraient !

Un requin aux dents aiguisées

Intervint alors, appâté par le gain,

*

Mais à peine s’approcha t-il

Que …Pfuit ! Les poissons s’enfuirent

Laissant là leurs velléités de pourparler

Ainsi qu’une eau toute troublée !

*

Depuis plus jamais

De dialogue entre poissons et l’humanité.

Ils s’étaient à jamais éloignés :

Aucunes synergies désormais !

*

Une petite et simple histoire

Qui se laisse boire

Accompagnée d’un bon vin

Et de frais petits oursins !